scanner : visualisation de la hernie
Présence de matériel minéralisé dans le canal vertébral
scanner : latéralisation de la compression
le matériel discal est situé du côté droit et comprime la moelle
hemilaminectomie
visualisation du matériel discal contre la moelle
moelle épinière
photo prise après le retrait de tout le matériel discal

COMMEMORATIFS-ANAMNESE 

Un chien Coton de Tuléar, mâle, de 3 ans , pesant 5,1 kg est référée à la clinique car elle ne peut plus se déplacer sur les pattes postérieurs. L'animal a présenté des dorsalgies traitées par des anti-inflammatoires mais depuis ce matin, il a plus en plus de difficultés à se déplacer sur les pattes arrières. 

EXAMEN CLINIQUE

L'examen des fonctions vitales de l'animal est satisfaisant. L'animal est vigile, son état de conscience est correct.

Il n’est pas ambulatoire sur les pattes arrières. L’animal présente tout de même quelques mouvements volontaires sur les 2 pattes postérieures. Les mouvements des pattes antérieures sont normaux.

La mise en œuvre des réactions posturales montre des déficits de proprioception sur les 2 membres pelviens (l’animal garde l’extrémité de ses pattes postérieures retournée quand il marche). Les réflexes patellaires sont augmentés.

Les stimulations nociceptives des 2 postérieurs déclenchent une réaction de défense de l'animal (l’animal tourne la tête quand on lui pince l’extrémité des pattes).

Le reste de l'examen neurologique ne met en évidence aucune autre anomalie.

Le chien présente une atteinte neurologique caractérisée par une parésie médullaire bilatérale des membres pelviens, aiguë, progressive. La lésion est localisée entre la 3evertèbre thoracique (T3) et la 3evertèbre lombaire (L3).


HYPOTHESES DIAGNOSTIQUES

Une atteinte dégénérative d'un disque intervertébral peut provoquer une hernie à l'origine d'une compression aiguë de la moelle épinière.

Une tumeur extra-médullaire ou médullaire, une atteinte vasculaire (embolie fibrocartilagineuse ou hématome), une affection inflammatoire ou la présence d'un corps étranger doivent être envisagées. Enfin, une fracture vertébrale peut entraîner la même symptomatologie.

 

EXAMEN COMPLEMENTAIRE


Vu la race et la disponibilité du scanner, un examen tomodensitométrique est réalisée sous anesthésie générale en première intention. 

L’examen tomodensitométrique consiste en une série d’images transverses de 2 mm d’épaisseur de la colonne vertébrale (T1 à L7) et d’une série supplémentaire de 0,5 mm d’épaisseur de la zone vertébrale thoraco-lombaire.

Sur les images initiales, du matériel discal est présent sur le plancher du canal vertébral, côté D, en regard de l’espace entre la 1eet 2evertèbre lombaire (photos 1 et 2) . Le matériel occupe la moitié du diamètre du canal vertébral et repousse la moelle épinière

L’examen tomodensitométrique conclut en la présence d’une compression médullaire extradurale ventrale et latérale importante (latéralisée à D) en regard de l’espace intervertébral L1-L2 compatible avec une hernie discale 

TRAITEMENT CHIRURGICAL

Une hémilaminectomie droite (ouverture du canal vertébral) est entreprise en regard de l’espace intervertébral L1-L2.

Lors de l’hémilaminectomie droite, nous confirmons l'hypothèse d'hernie discale extrusive (photo 3) et retirons l'intégralité du matériel discal comprimant la moelle épinière en regard de l'espace intervertébral L1-L2 et d’une partie du corps de L1. La décompression est jugée satisfaisante (photo 4). 

 L'animal est hospitalisé. La douleur est traitée avec un patch de fentanyl (antidouleur) pendant 48 h. Il est promené régulièrement pour stimuler la motricité de ses 2 membres postérieurs. Huit heures après la chirurgie le statut neurologique de l'animal est identique au statut pré-opératoire. 24 h après la chirurgie, il a recouvré un statut ambulatoire.

 Au retrait des fils, 12 jours après la chirurgie, l’animal ne présente plus aucun déficit neurologique.

Discussion

Les conséquences d'une hernie discale chez le chien peuvent être dramatiques. Dans les situations les plus graves les déficits neurologiques (paraplégie, incontinence urinaire et fécale) sont difficilement compatibles avec la survie de l'animal.

Le traitement de cette affection peut nécessiter une chirurgie de décompression.

Selon le stade d’atteinte neurologique de la moelle épinière, la chirurgie peut donner jusqu’à 97 % d’excellents résultats.